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-avant-din.ner: s.m., avant-dîner, avant-
midi. Se dit de l'air
lancinant et répétitif, rythmé exclusivement en batrîye, soit par un (ou des) tamboûrs, éventuellement accompagnés d'une kèsse. Notez qu'il existe, selon les batrîyes, différents types de « jouage
», soit de manières d'exécution. Ce « jouage » est tantôt enlevé, tantôt plus « décomposé », sorte de « marque de fabrique » de telle ou telle batrîye. En fait, il n'existe pas, à proprement
parler, de seule et « bonne » manière d'exécuter l' avant-din.ner. A l'image de notre société, le « jouage » évolue. Certaines batrîyes peuvent cependant se
distinguer, encore aujourd'hui, par un caractère pouvant être considéré comme très « typique », car issu d'une tradition ancienne, souvent familiale.
Cf. batrîye, kèsse, tamboûr, tamboureû.
-apèrtintaye: terme adapté au départ du français apertintaille. Synonyme de colé d'sounètes. Cf. Sounète.
-balot: s.m., costume comprenant la bloûse et la marone. Il est confectionné à partir de toile de lin sur laquelle sont
cousus des lions héraldiques découpés dans de la feutrine rouge et jaune ainsi que des étoiles et couronnes aux couleurs nationales. En fonction du louwajeûr (ou louwadjeû) qui les réalise, ces
derniers éléments sont de forme et de nombre variable. Notez que balot désigne également le costume de travail de l'ouvrier. Cf. louwajeûr, louwadjeû.
-barète: s.f., coiffure de coton blanc ; le gille qui ne porte pas de chapeau est appelé djîle a barète. Ce terme
désigne également: 1°-le bonnet de nuit; 2°-le bonnet de toile (ou béguin dans ce cas) destiné à protéger le crâne du houilleur des rugosités du casque de cuir bouilli.
-batrîye: s.f., ensemble des tambours et de la caisse, dont le nombre est variable. Auparavant, les batteries étaient
composées de membres d'une même famille. Ce n'est plus forcément d'actualité aujourd'hui, bien que les membres d'une batrîye respectent un même « jouage » ou manière d'exécution, afin d'en
uniformiser l'ensemble.
-binde: s.f., société: il-avoût saquants (ou saquantès) bèlès bindes dè djîles ô carnaval (carnèval) dèL
Louviére.
-bloûse: s.f., blouson. Cf. balot, marone.
-bossâdje: s.m., 1°-action de bosser: pindant l'bossâdje, èl djîle dwat léchî pinde ses bras ;
2°-résultat de cette action: pou fé in bia bossâdje, i fôt yèsse dok.
-bosse: s.f., bosse faite (généralement) de paille d'avoine (è)strangn d'avène, bourrée sous la bloûse ; la paille
d'avoine est utilisée, entre autres, pour ses propriétés d'absorption de la transpiration. Deux bosses égales, l'une devant, l'autre derrière, donnet un aspect rebondi au torse et au dos du gille ;
elles ne doivent être ni trop grosses ni trop basses: pou fé dès bèlès bosses, on-aprèsse dès tortchètes (ou torkètes) dè strangn.
-brûlâdjes dès bosses: s.m., brûlage des bosses qui a lieu le mardi soir du carnaval, en face du local de la société
(binde). Un bûcher de fagots (et/ou paille) est surmonté d'un mannequin bourré de paille, revêtu d'un vieux costume de gille. On y met le feu et les gilles dansent autour. L'orchestre joue des airs
de circonstance puis, sans transition, des airs mortuaires: à ce moment, les gilles s'agenouillent et font semblant de pleurer. Puis, brusquement, les airs de gilles reprennent et alternent avec
les airs funèbres. Jadis, lorsque le brasier était sur le point de s'éteindre, les gilles l'alimentaient avec la paille de leurs bosses. Ce fait est notamment rapporté par Fernand Liénaux, à
l'occasion de souvenirs d'enfance (Histoire et Petite Histoire de La Louvière - Tome 2- Huwé/Mengal/Liénaux, 1984). Le Dictionnaire du Wallon du Centre (p 207), appelle cette
coutume èl passion. Ce terme n'a plus été relevé lors d'enquêtes ultérieures. Il s'agit très probablement d'un archaïsme.
Précisons qu'à La Louvière, si certaines sociétés brûlent les bosses, d'autres préfèrent à ce cérémonial un rondeau final, accompagné de feux de Bengale ou d'un feu
d'artifice.
-brûlér les bosses: brûler les bosses.
-bossér: constituer les bosses du gille: c' èst nîn dou
promîn coûp qu'on sét bossér in djîle su l'indroût.
-bosseû: s.m.,personne qui bosse les gilles: èl minme bosseû bosse in saquant djîles tout timpe ô matin.
-brîde: s.f., bride de cuir, clouée sous le sabot, entre la semelle et le talon du sabot. Elle est serrée vers
l'extérieur à l'aide d'une boucle (blouke). Cf. chabot.
-bridon: s.m., mouchoir blanc, plié dans le sens de la longueur, passant sous le menton et noué sur le dessus de la tête
pour fixer la barète. Notez que ce terme désigne aussi le mouchoir que les hiercheuses (et parfois d'autres ouvrières) placent sur la tête. Cf. barète, parô.
-capia: s.m., chapeau. Il est composé d'une coiffe entoilée de blanc, sur laquelle sont cousus des fleurettes blanches,
des épis d'avoine et de blé dorés. Des étoiles dorées sont accrochées au rebord de la coiffe. Des rubans blancs sont attachés à l'arrière de la coiffe et une jugulaire (gourmète), serrée à l'aide
d'une boucle (blouke), maintient le chapeau sur la tête. Des plumes (pleùmes ou plomes) d'autruche ornent la coiffe. Leur nombre est variable. Notez que l'on emploie la forme picarde capia dans
tout le Centre, et que le wallon tchapia est très rarement employé dans la partie wallonne du Centre.
-carnaval: s.m., carnaval. Certains anciens disent encore a carnèval mais le terme ô carnaval est plus généralement
usité. On dit: dalér a lès carnavals, fé lès carnavals. Cf. Carnèval.
-carnèval: s.m., terme tendant à devenir archaïque (bien que savoureux!). Variante de carnaval.
-casquète (caskète) dè swa: s.f., casquette de soie noire dont se coiffe le gille à l'occasion des soumonces.
-chabot: s.m., sabot en peuplier (pouplî), ou en saule (sô), fumé pendant toute une nuit dans une infunkrîye où se
consume de la sciure de bois ; une lamelle de cuir renforce le talon et l'empeigne. La paire pèse environ 700 grammes. Cf. brîde, tchôsson.
-côchon: s.m. (Haine-Saint-Paul, Haine-Saint-Pierre, Houdeng-Goegnies,
Houdeng-Aimeries, La Louvière). Variante de tchôsson.
-col-tombant: s.m., collerette. Ce terme (synonyme de pèlèrine) peut être considéré comme un archaïsme. Il est fort
peu usité de nos jours, ce qui était déjà le cas avant la dernière guerre, malgré son caractère savoureux. Il pouvait également être usité comme terme général de toilette.
-colé: collier (d'sounètes). Cf. Sounète.
-colèrète: s.f. Synonyme de pèlèrine (et col-tombant). Terme adapté au départ du mot français, par des
gilles de classe aisée qui ne parlent pas souvent le wallon, nous dit-on! Au départ, ce mot désigne plus particulièrement la collerette du « Pierrot ».
-djîle: s.m., gille. On dit: i fét lès djîles. On voit rarement des gilles fardés, qui ont mis du roûdje su leûs
machèles (joues), ou gantés de blanc (édition originale!). D'un gille qui ne sait pas danser convenablement, on dit: c' èst 'ne fumèle dè djîle ou c' è-st-in djîle a botines ; d'un
gille qui relève les genoux trop haut en dansant, on dit: i fét l'arlèquin.
-djîle dè kèsse: s.m., gille qui «se colle» à la batrîye: èl djîle dè kèsse va toudis a bache dos (à dos voûté), èt in
dalant dou cu.
-djweû (bateû) d'kèsse: s.m., personne qui frappe sur la caisse: èl bateû d'kèsse rambusse (de rambuskî, frapper) su
l'grosse kèsse avû s'mawote.
-ér dè djîle: s.m., air de musique de gille ; ces airs sont au nombre de 26 (non compris le célèbre
avant-din.ner, le Mitan dès Camps -typiquement louviérois- et variante de l'air « Éloi à Charleroi », ainsi que « l'Aubade matinale ».
-(è)rnon: s.m., rosace faite de rubans plissés, ornant le dessus du sabot. Cf. Chabot.
-feûreû: feu du premier dimanche du Carême ; le 1er dimanche du Carême.
-garlot: s.m., grelot agrafé à la partie supérieure de la bosse qui gonfle la poitrine. Cf. Sounète.
-gourmète: s.f., jugulaire de cuir qui maintient le chapeau sur la tête du Gille. Cf. Capia.
-guète: s.f., parement du pantalon en rubans plissés. Cf. manchète, pèlèrine.
-kèrtin: s.m., panier en osier (ojére), contenant les oranges. Il était anciennement enrubanné de blanc.
-kèsse ou grosse kèsse: s.f., grosse caisse, couverte généralement d'une peau de veau (pia d'via) ou de poulain
(poulangn), plus rarement. Cf. batrîye, mawote.
-Létâré: Laetare: ô ou al Létâré ou èl djoû dou ou dèl Létâré.
-louwajeûr ou louwadjeû: s.m., loueur, personne qui loue les accessoires du gille, confectionne le chapeau (capia), le
costume (balot) et le colè d'sounètes (ou apèrtintaye). Il s'agit d'une profession très particulière dont les représentants sont peu nombreux. Notez que chaque louwadjeû possède son propre «
savoir-faire », perceptible à certaines différences dans la réalisation des accessoires précisés ci-dessus (réalisation du chapeau, forme des lions et autres motifs du
costume...).
-makète: c.f., baguettes, longues de 40cm environ, avec lesquelles on joue du tambour ; la paire pèse 250 grammes. Comme
terme général, désigne également un petit marteau ainsi que la fleur du trèfle. Tourner à makètes, se gâter (en parlant du temps ou d'une situation). Cf. batrîye, tamboûr, tamboureû.
-mam'zèle: s.f., ce terme emprunté à Binche, désigne les travestis, généralement riches, de certaines sociétés (bindes)
à l'occasion des générales. « On veut faire comme à Binche, dirait-on », écrivit Fernand Liénaux dans son Carnaval louviérois.
Il était en effet de bon ton (encore aujourd'hui?) pour les gilles qui font les soumonces en tenue traditionnelle de critiquer ceux qui se déguisent en mam'zèles, car
estimant qu'il s'agit d'une coutume copiée sur Binche...
-manchète: s.m., manchette en rubans plissés, cousue au bout de la manche de la bloûse. Cf. guète, pèlèrine.
-marone: s.f., pantalon. Cf. balot, pèlèrine.
-masse: s.f. ou s.m., masque traditionnellement constitué de toile et recouvert de cire, montrant des lunettes vertes,
des favoris et une moustache et une petite barbichette. Il est porté rituellement à Binche, la matin du Mardi-Gras. Précisons que certaines sociétés de La Louvière ont également adopté
ce masque (bien que de constitution ou d'aspect différent), porté le dimanche matin du Laetare. D'une certaine manière, on peut considérer que le masque, porté par tous les gilles d'une même
société, préserve un temps l'anonymat et de fait, l'abolition de toute classe sociale. Avant 1914, à Haine-Saint-Pierre, on connu un masque en toile métallique, à mailles très serrées,
les traits du visage étant vaguement coloriés. Ce masque était porté dès le matin, par le gille, à la sortie de son domicile. Il était enlevé au moment où la société quittait le local. Des
renseignements plus complet sur ce masque ancien sont malheureusement indisponibles...
-mawote: s.f., mailloche servant à frapper sur la caisse. Ce terme désigne également le gros marteau du forgeron
(marichô). Cf. Kèsse.
-mouchwâr dè cou: s.m., mouchoir blanc noué autour du cou, sous la bloûse, et fermé à l'aide d'une épingle de sûreté ;
ce mouchoir protège contre les morsures de la paille. -roûdje mouchwâr: s.m., mouchoir rouge que l'on porte autour du cou lors des soumonces ; celui-ci est apparent au-dessus
du sôro.
-musique (musike): s.f., ensemble des musiciens, batrîye non comprise: èl batrîye s'in va kér l' musique ô
local.
-oranje (orandje): s.f., orange lancée par le gille en guise d'offrande: sudjî (jeter) ou (è)rwér
dès-orandjes.
-pas d'djîle: s.m., danse du gille: fé ' pas d'djîle.
-parô: s.m., (Haine-Saint-Pierre). Synonyme de bridon.
-passe dèl brîde: s.f., rectangle de cuir ouvragé dans lequel coulisse la bride.
-pèlèrine: s.f., collerette en rubans plissés, bordée d'une frange dorée ou de dentelle (plus courant à Binche) et nouée
à l'aide d'un cordon blanc. Cf. col-tombant, colèrète.
-pleùme ou plome: s.f., plume d'autruche ornant le chapeau. Cf. Capia.
-porteû d'orandjes: s.m., personne portant les oranges destinées à un ou plusieurs gille(s).
-porteû d'kèsse: s.m., personne qui porte la caisse: èl porteû d'kèsse fét toudis dès p'tits-pas.
-ramon: s.m., balai à l'origine. Faisceau de baguettes séchées, de bouleau (boulî) ou de noisetier (nonjî), longues
d'environ 25cm (variable...) et fagotées dans trois brins d'osier (ojére). Le gille s'en munit lors des soumonces et le dimanche matin du Carnaval. Notez que certaines sociétés en disposent
également le lundi matin.
-rondô: s.m., la matinée du dimanche du Laetare s'achève par un rassemblement de toutes les sociétés sur la place de la
localité. Elles forment, en dansant,une ronde appelée rondô, au centre de laquelle sont réunies toutes les musiques et batrîyes.
-ruban ou riban (arch.): s.m., ruban attaché à la coiffe du chapeau. Èl riban sert également à confectionner la
colèrète, lès guètes, lès manchètes, lès r’nons ainsi que le noeud disposé au-dessus du garlot.
-sôro: s.m., sarrau de toile bleue que revêt le gille à l'occasion des soumonces. Expression: c'èst tout pùre twale
parèye a m' sôro, c'est chou vert et vert chou.
-soumonce: s.f., sortie préliminaire au carnaval. Elles sont au nombre de trois à La Louvière, la dernière étant
intitulée jènèrale. On dit: fé lès soumonces ou fé soumonce. Le gille porte alors généralement la casquète dè swa, le roûdje mouchwâr, le sôro, le ramon, le colé d'sounètes et les chabots. Notez
que les soumonces jènèrales de La Louvière voient plusieurs sociétés opter pour un travesti.
Pittoresque: à Leval-Trahegnies, d'une vache qui donne des avertissements avant de vêler, on disait èl vake done dès soumonces.
-sounète: s.f., sonnette. -colé d' sounètes: s.m., ensemble de sonnettes accrochées à une bourre de crin
végétal recouverte de grosse laine rouge et jaune et retenu à la taille par une boucle (blouke). Son poids varie de 2 à 3 kg. Arlicotér (secouer) s' colé d'sounètes. Dans tout le Centre, le colé
d'sounètes est appelé « apertintaille » en français, désormais « wallonisé »: apèrtintaye. Bien qu'au sens propre, le terme colé signifie « collier » et qu'ici il soit placé autour de la taille, ce
sens spécial s'explique par la ressemblance avec la grelottière qui était placée autour du cou des chevaux.
-tamboûr: s.m., tambour, anciennement recouvert d'une peau de veau (via) ou chèvre (gâte). Pour des raisons pratiques,
ce sont aujourd'hui des peaux en matière synthétique qui sont utilisées. Le tambour est accroché à la ceinture et soutenu par un baudrier.
-tamboureû: s.m., joueur de tambour. Cf. Tapin.
-tapin (arch.): s.m., joueur de tambour, ainsi appelé à La Hestre où le terme subsistait comme sobriquet.
-tchôsson: s.m., (Carnières, Chapelle-lez-Herlaimont, Haine-Saint-Pierre,
Haine-Saint-Paul, La Hestre, Manage, Fayt-lez-Manage, Morlanwelz), chausson de laine blanche à la trame serrée, sans couture ou de coton, destiné à protéger le pied dans le
sabot. Cf; côchon, chabot.
-torkète ou tortchète: s.f. petite torche de paille d'avoine servant à bosser les gilles. Cf. bossâdje, bosser, bosseû,
torkète.
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